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Biographie
Ex-petite amie de De Niro, Timothy Hutton Propriété en Nouvelle-Ecosse (3.6 ha)
Portrait Elle est grande. Belle. Intelligente. Sensible. Indépendante. Froide (pas très chaleureuse avec le quidam en tout cas). On se demande presque pourquoi Disney n'en a pas fait une héroïne de dessin animé... alors que le cinéma l'a fait naître en Aphrodite pas maudite, bref dans l'incarnation herself de la féminité. Sa mère, d'origine suédoise, est une thérapeute qui, après s'être brièvement amourachée du gourou psychédéliqie Timothy Leary, épouse un certain Robert A.F. Thurman. Son père a le privilège d'être le premier Américain à être ordonné prêtre bouddhiste tibétain. Convertie à la foi bouddhiste et encouragée par ses parents à devenir un esprit libre, Uma et ses trois frères, qui tous portaient un prénom issu de la déitée hindou, ont développé une vision multiculturelle du monde. Toute la petite famille Thurman a vécu pour de longues périodes en Inde, mais aussi à Amherst et Woodstock. Aux Etats-Unis comme ailleurs, le foyer Thurman avait une saveur internationale, car il hébergeait des prêtres bouddhistes des quatre coins du monde alors que le Dalai Lama, un ami personnel de la famille, s'arrêtait à chacune de ses visites chez les Thurman. Ce mode de vie plutôt inhabituel n'a pas rendu la vie facile à la jeune Uma qui était victime des sarcasmes de ses pairs. Son prénom étant la cible favorite de ses détracteurs, et, afin de mieux se faire accepter, elle le changeait régulièrement pour Kelly ou Linda dans l'espoir de mieux se faire accepter par ses amis. Son allure physique, plutôt étrange à l'époque, ne l'aidait en rien pour se faire accepter. Après une tentative d'intégration au rêve américain en tant que meneuse de claques ("cheerleader"), sa mère eut de la difficulté à accepter ce revirement même temporaire de sa fille - Uma découvrit la passion du théâtre lors d'une apparition en tant que fantôme dans une pièce à l'école élémentaire qui lui valut de chaleureux applaudissements. Tout commence dans la jungle new yorkaise où elle fait la plonge avant de se faire photographier le portrait. Son allure à la fois érotique et innocente lui fait accéder au cinéma. "Le corps de Jayne Mansfield avec un cerveau à sa démesure" disait son partenaire Malkovich, qui la séduisait dans Les liaisons dangereuses, seins avenants. En Vénus chez Terry Gilliam, mais surtout en superbe chute de rein servant d'écritoire pour le Valmont de Frears, elle se fait vite remarquer par les spectateurs... Pour rapidement se détacher de cette étiquette un peu trop charnelle, la demoiselle alternera les rôles sulfureux (bi, schizo, camée) et ceux plus conventionnels. D'un côté les films pour adultes, de l'autre ceux de la Génération X. Elle incarne la blonde idéale, inaccessible. Mais c'est en brune, coiffée à la Louise Brooks qu'elle doit son décollage de carrière. Les films qu'elle a tournés jusqu'en 94 n'avaient jamais dépassé les 40 millions de dollars de recettes, même ceux s'affichant grand public. Elle obtient une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle féminin avec la Palme d'Or, Pulp Fiction, culte et hit. En shootée, et partenaire de danse de Travolta, Thurman explose grâce à Tarantino. Si l'on était psy, on s'inquiéterait de cette régression infantile d'avoir tourné avec Travolta une scène de danse et un nouveau Tarantino lors de son divorce. Un cocon ??? On ne sait qui du spectateur ou de l'actrice dévore qui. La séquence "disco" avec l'icône seventies de Saturday Night Fever sera photocopiée dans toutes les boîtes de nuit de la planète... Thurman compose, et toutes les gammes lui vont. Elle continuera de résister aux sirènes des studios jusqu'en 97. Au printemps, la comédie romantique sur les chiens et les chats séduit les Américains. Elle y joue à ravir la belle cruche. Durant l'été, sa Poison Ivy, rousse et animale, est la seule rescapée d'un Batman 4 essoufflé. Elle insuffle un véritable venin érotique et séduisant dans ce méga-budget homo-érotique. A l'automne, avec Gattaca, très sous-estimé, elle amorce un envol vers le star-system. Avec un film aussi intelligent, face à son mari et la future star Jude Law, elle incarne à la perfection une génération aryenne de clonés. De couvertures de magazines en projets très hots, elle tente toujours de contrôler son image et sa carrière. Pub incluse (produits de luxe essentiellement). Mais voilà. Dans le rôle très convoité (et hélas raté) de la sublime Emma Peel de The Avengers, elle se crashe au Box Office. Pas de doute, c'était bien la seule à pouvoir interpréter cette femme d'action, charmeuse et cérébrale. On est conquis. Mais le public rejette l'adaptation de la série. Depuis elle est devenue maman, s'émerveille chaque jour devant ce côté "best keep secret" et s'offre toujours un parcours totalement libre... D'abord chez Woody Allen, marié impossible de Sean Penn ; puis ensuite chez Joffé, draguant fatalement Depardieu dans le médiocre Vatel ; enfin chez Ivory, tentant de mettre le grappin sur Jeremy Davis et restant prisonnière de Nick Nolte. Des personnages en costume dans des films art et essai, des grands réalisateurs qui explorent une facette tantôt ambitieuse, opportuniste ou arriviste, usant de ses charmes et lâchée par les hommes... bref, une héroïne de tragédie parfaite. Et un parcours qui fait l'admiration des cinéphiles, jusqu'à avoir le droit à une certaine reconnaissances des milieux artistiques américains. Uma continue de varier les projets, de s'occuper de ses progénitures, de gérer son divorce médiatique quand, enfin, elle retrouve Quentin. Celui-ci l'a attendue (enceinte) pour pouvoir tourner son diptyque Kill Bill. Le film flirte avec les genres : kung fu, western, comédie, action, polar, mangas... Thurman porte le projet, ambitieux, sur ses épaules. A jamais vêtue du survet d'un Bruce Lee, la sexy Uma est impeccable quand elle tue d'un coup de sabre ou qu'elle ordonne à son orteil de bouger ! Le film ira jusqu'à Cannes. Le sacre d'une actrice plus appréciée des cinéphiles et cinévores que connue du grand public. Complice des ados qui la fantasment comme des auteurs du 7ème art qui semblent y trouver la personnification de la blonde fatale. Si bien qu'elle joue de son caractère ingénu, de ses yeux qui allument, de son déhanchement unique. Elle s'octroie un face à face avec Meryl Streep, remplace au pied levé Nicole Kidman pour une comédie musicale événement, s'offre, ainsi, une filmographie singulière, où née déesse, elle finit en égérie. |